Protéger sa peau du soleil de l’intérieur : ce que la science permet vraiment

Protéger sa peau du soleil de l’intérieur : ce que la science permet vraiment
En bref : certains micronutriments, comme les caroténoïdes, sont étudiés pour leur rôle dans la défense de la peau face aux UV. Leur effet est modeste, met plusieurs semaines à apparaître et reste bien inférieur à celui d’une crème solaire. Un complément peut accompagner la protection solaire, jamais la remplacer.

Peut-on se protéger du soleil « de l’intérieur » ?

L’exposition solaire est l’un des principaux facteurs de vieillissement cutané : rides, taches pigmentaires et perte d’élasticité. Les crèmes solaires, les vêtements et l’ombre sont indispensables. Une approche complémentaire, étudiée depuis une vingtaine d’années, consiste à renforcer les défenses naturelles de la peau par l’alimentation et certains nutriments.

Selon PubMed, une revue de Sies et Stahl (2004, doi:10.1146/annurev.nutr.24.012003.132320) indique que les micronutriments peuvent agir comme absorbeurs d’UV, comme antioxydants ou en modulant les signaux déclenchés par les UV, et que les caroténoïdes, les tocophérols (vitamine E), l’ascorbate (vitamine C), les flavonoïdes ou les oméga-3 sont concernés. Les auteurs parlent d’une contribution à une protection « de fond » tout au long de la vie.

Que se passe-t-il dans la peau quand les UV arrivent ?

Quand les UV pénètrent dans la peau, ils génèrent des espèces réactives de l’oxygène, des molécules instables qui peuvent endommager les cellules : c’est ce qu’on appelle le stress oxydatif. La peau dispose de défenses naturelles, dont des antioxydants et la mélanine, mais elles ne sont pas infinies. Pour comprendre le mécanisme, lisez stress oxydatif et peau et mélanine et pigmentation de la peau.

C’est ici que les nutriments entrent en scène : ils soutiennent ces défenses au quotidien, mais ils n’agissent pas comme un filtre solaire, qui arrête ou réfléchit physiquement les UV avant qu’ils n’atteignent la peau.

Ce que montrent les études sur les caroténoïdes

Une revue de Stahl et Sies (2012, doi:10.3945/ajcn.112.034819) rapporte que des études d’intervention ont observé un effet protecteur du bêta-carotène ou du lycopène, apportés par l’alimentation ou par supplémentation, sur la rougeur induite par les UV. Les auteurs soulignent trois limites importantes :

  • plusieurs semaines sont nécessaires avant que l’effet n’apparaisse (autour de 10 à 12 semaines dans les essais, selon une autre revue, Stahl et Sies, 2007, doi:10.1007/s12033-007-0051-z) ;
  • la protection obtenue, exprimée en facteur de protection solaire, est nettement plus faible que celle d’un écran solaire ;
  • elle ne concerne qu’un marqueur précis (la rougeur) et ne dit rien de tous les dommages des UV.

Autrement dit : une bonne alimentation en micronutriments soutient la peau sur la durée, mais n’évite ni les coups de soleil ni les dommages à long terme. Pour le détail des études sur les antioxydants oraux, voir bénéfices des antioxydants par voie orale pour la peau.

Quels nutriments retient-on, et que peut-on en dire ?

La réglementation européenne (règlement (UE) n° 432/2012) autorise un nombre limité de formulations. Dans le cadre d’une alimentation variée :

  • la vitamine E contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif ;
  • le sélénium contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif ;
  • la vitamine C contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif et à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau ;
  • le cuivre contribue à la pigmentation normale de la peau.

Pour les autres ingrédients étudiés, comme le bêta-carotène, le rocouyer ou les extraits de romarin et de pamplemousse, nous ne mettons pas en avant d’effet sur la protection solaire : ils sont décrits dans leurs fiches, avec les sources. Voir bêta-carotène et bixine, dunaliella salina, rocouyer et NutroxSun®.

Comment s’y prendre concrètement ?

  1. Commencer par les bases : crème solaire à indice élevé, ombre entre 12 h et 16 h, vêtements et lunettes (voir les bons réflexes de protection solaire et la page de l’Institut national du cancer) ;
  2. soigner l’assiette : fruits et légumes colorés, huiles végétales, oléagineux, poissons gras (voir alimentation et peau) ;
  3. anticiper : si vous optez pour un complément, commencez quelques semaines avant l’exposition, comme expliqué dans bien choisir son complément solaire et préparer sa peau au soleil ;
  4. surveiller sa peau et consulter un dermatologue en cas de tache ou de grain de beauté qui évolue.

Les erreurs à éviter

  • Croire qu’un complément « prépare » assez pour s’exposer sans crème. L’étude des caroténoïdes montre un effet modeste sur la rougeur, pas une protection complète.
  • Commencer la veille du départ. Les essais parlent de plusieurs semaines : une prise tardive n’apporte pas ce qui a été mesuré.
  • Cumuler les produits sans demander conseil. Certains nutriments, à forte dose, ne sont pas adaptés à tout le monde (grossesse, tabagisme, traitements). Lisez toujours l’étiquette et demandez conseil.
  • Négliger les zones oubliées. Oreilles, nuque, dessus des pieds et dos des mains sont souvent exposés et peu protégés.
  • Ignorer une tache qui change. Un suivi dermatologique régulier reste la meilleure prévention des problèmes graves.

Où se situe le Solaire 3 en 1 ?

Le Solaire 3 en 1 de Natis, en gélules végétales, associe NutroxSun®, rocouyer, dunaliella, vitamine E, sélénium et cuivre. La vitamine E et le sélénium contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif ; le cuivre contribue à la pigmentation normale de la peau. Il n’a pas d’indice de protection et ne remplace pas une crème solaire. Sa composition et son mode d’emploi sont détaillés dans l’avis sur le Solaire 3 en 1.

Questions fréquentes

Un complément solaire remplace-t-il la crème solaire ?

Non, jamais. Il ne présente aucun indice de protection et n’évite pas les coups de soleil.

Faut-il en prendre toute l’année ?

Cela dépend de votre exposition. La plupart des personnes préfèrent une cure de quelques semaines avant et pendant la période d’exposition. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.

Les femmes enceintes ou les personnes sous traitement peuvent-elles en prendre ?

Demandez toujours l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de prendre un complément en cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.

À retenir

  • Les micronutriments peuvent soutenir les défenses de la peau, mais l’effet est modeste, lent à apparaître et bien inférieur à une crème solaire.
  • Les bases restent : ombre, vêtements, lunettes et crème solaire à indice élevé.
  • Vitamine E, sélénium et vitamine C contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif ; le cuivre contribue à la pigmentation normale de la peau.
  • Un complément alimentaire n’a pas d’indice de protection et ne remplace jamais la protection solaire.

Références : Sies H., Stahl W., Nutritional protection against skin damage from sunlight, Annu Rev Nutr, 2004 ; Stahl W., Sies H., β-Carotene and other carotenoids in protection from sunlight, Am J Clin Nutr, 2012 ; Stahl W., Sies H., Carotenoids and flavonoids contribute to nutritional protection against skin damage from sunlight, Mol Biotechnol, 2007 ; Institut national du cancer ; Règlement (UE) n° 432/2012. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

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